L’Académie pontificale pour la vie est surtout connue du grand public à travers ses congrès, en quoi consistent-ils ?
Chaque année, un thème est proposé à des spécialistes internationalement reconnus qui confrontent leurs points de vue. Nous organisons un congrès auquel participent tous les académiciens. Il est ouvert aussi au grand public, chrétiens ou non. Les résultats sont publiés dans des Actes en italien et en anglais et, à partir de cette année, aussi en français et espagnol. De petits opuscules, consacrés à des questions spécialisées, et écrits en un langage clair, complètent nos publications.
Pourquoi l’Église catholique intervient-elle dans le débat bioéthique ?
Parce qu’on le lui demande ! Ceux qui ne partagent pas notre foi attendent que l’Église se prononce clairement sur certains sujets. Il y a quatre ans, par exemple, le Conseil de l’Europe a demandé aux différentes confessions leur position sur la possibilité de transplanter des organes d’animaux sur l’homme. Des membres de l’Académie participent aussi à des réunions de travail au niveau européen. Si l’Église intervient dans ces débats, c’est aussi parce qu’ils concernent le respect de la dignité humaine. Ce n’est pas nouveau : au Moyen Âge, lorsque, au moment de l’accouchement, la tête du bébé ne pouvait passer par le canal vaginal, on le tuait (par craniotomie) pour sauver la mère. L’Église s’est insurgée contre cette pratique ; et c’est ainsi qu’a été inventée la césarienne, permettant de sauver et l’enfant et la mère. Cet épisode manifeste avec force que morale et science peuvent s’unir pour humaniser la médecine !
Malgré les mises en garde éthiques de l’Église, de nombreux pays semblent vouloir autoriser les recherches qui supposent la destruction d’embryons. Pensez-vous que ce processus soit irréversible ?
Nous espérons que non ! De nombreux scientifiques mettent actuellement en évidence l’immense intérêt de la recherche sur les cellules souches adultes ou le cordon ombilical. Cette ligne de recherche a de bonnes raisons de s’imposer à l’avenir : d’une part, elle respecte l’être humain et ne comporte aucun dommage pour le donneur, ni pour le receveur ; d’autre part, elle obtient des résultats thérapeutiques probants, ce qui n’est pas le cas de la recherche sur les cellules embryonnaires.
Comment les chrétiens peuvent-ils agir dans le domaine bioéthique ?
Il est important que la pensée catholique sur ces questions soit diffusée largement. Il faut qu’on en parle dans les communautés, les hôpitaux, les écoles, et que les médecins et les chercheurs soient sensibilisés... Et là, le rôle des laïcs est essentiel : s’informer, transmettre, témoigner. Nous sommes conscients cependant de n’être qu’au début du travail. Notre Académie n’a que douze ans !