Ma vocation au départ, c’était la Marine : l’appel vers le large et les vastes horizons... Cette vocation a irrémédiablement chaviré dans le détroit des sciences. Ce naufrage m’a fait dériver au gré des courants vers la gestion et le commerce. Ma vocation de dessinateur, lentement mûrie depuis les bancs de la maternelle et approfondie en math et sciences, s’est fortement confirmée à l’occasion des cours de droit du travail et de comptabilité... La profession de dessinateur humoriste est devenue naturellement la mienne, dès la fin de mes études, il y a 25 ans.
Fasciné par le dessin humoristique de Chaval, par sa force comique alliée à un remarquable esprit synthétique, je découvre son tragique suicide, alors que je commence à me poser sérieusement des questions sur ma propre fin et serais même tenté
de l’accélérer...
En 1990, une rencontre me décide définitivement à opter pour la Vie : Ligia, que j’épouse aussitôt et avec qui je partirai quelques années plus tard à Salvador da Bahia pour une année sabbatique avec l’association Point-Cœur ; sur cette terre qui me fascine, auprès des plus délaissés et à travers eux, je croise le regard de Celui dont j’ai commencé à découvrir la présence réelle.
Depuis, l’idée d’évangéliser n’a cessé de me travailler. Il était devenu évident que Dieu a beaucoup d’humour et que l’humour était certainement l’une des meilleures formules pour parler de Lui. Cependant il m’a fallu du temps pour trouver le ton juste.
Un Dieu d’humour
J’invoque toujours l’Esprit Saint pour m’aider à faire de l’esprit... et avec Lui, je suis assuré de rester dans le bon esprit ! Je souhaite montrer que l’Église n’engendre pas la mélancolie, bien au contraire. Je constate, a contrario, qu’il y a un décalage criant entre les promesses de plaisirs faciles agitées par les médias et la réalité de déprime qui se lit dans le regard de ceux qui s’y ébattent. Ne serait-ce pas là, la vraie caricature ? C’est pour moi la démonstration par
l’absurde du vrai bonheur de l’homme qui passe par l’écoute et l’obéissance au Père.
J’ai eu l’occasion de participer à quelques dédicaces d’ouvrages et c’est une belle opportunité de rencontres. Des adolescents sont venus vers moi, après avoir vu mes dessins dans des livres ou sur des cartes postales. C’est stimulant, pour nous, de trouver un style qui nous rejoint. Nous n’avons pas peur de montrer ces dessins à nos amis même éloignés de la foi. Nous pouvons ainsi leur faire découvrir un autre visage joyeux et branché de l’Église !