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Témoignage  > Dans le "jardin" de la prison   Imprimer cette page

Après avoir monté un trafic international de drogue et en avoir vécu pendant dix ans, Daniel se retrouve en prison. Il y rencontre Dieu par l’intermédiaire d’un codétenu...

[30/11/2006]

Je viens de l’enfer, d’un endroit terrible qu’on appelle la prison. C’est une machine à broyer les hommes. Bien sûr, on peut penser qu’ils l’ont mérité puisqu’ils ont fait du mal. Mais ils ne méritent pas de ne pas connaître Jésus. Moi-même, je ne le connaissais pas quand je suis arrivé en prison : j’avais fait les pires choses. Je travaillais dans la maison de “l’autre”, de l’ennemi. Je vivais pour l’argent, pour le plaisir, pour les femmes. J’ai monté un trafic de drogue et je me sentais fort parce que je ne me faisais pas prendre. Au départ, j’ai commencé par vendre du shit : j’avais vraiment la bosse du commerce. Au bout de dix ans, je suis devenu trafiquant international de stupéfiant. J’ai apporté le malheur partout où je passais. Je vendais la mort.

Je vivais alors avec une femme. On s’aimait, on ne se droguait pas, mais avec le temps, tout s’est dégradé. Elle est devenue dépressive et elle a craqué parce que j’avais une autre femme en Thaïlande. Un jour, elle m’a “balancé”. Alors que, de retour d’Inde, j’avais pris place dans un taxi à l’aéroport, les flics m’ont arrêté. Je me croyais si malin que je n’imaginais pas que cela puisse être possible !

En prison, j’étais tellement en manque que je ne pouvais plus dormir. J’étais obsédé par la drogue et je pensais au suicide. Mais je suis tombé dans une cellule avec un gars qui priait. J’avais été baptisé. Je croyais en Dieu mais ce n’était pas un Dieu pour moi puisque j’avais fait tout le contraire de ce qu’il me demandait. Un jour, ce gars m’a proposé de venir à l’aumônerie avec lui. J’ai décidé d’aller à la messe, pour voir. En entrant dans la chapelle, j’ai vraiment senti la présence de Dieu. J’ai voulu repartir mais je ne pouvais pas parce que c’était fermé. Je suis resté là, craintif. Quand j’ai lu cette parole, “Venez à moi, vous tous qui peinez, je vous donnerai le repos”, je me suis mis à croire. J’étais en paix. Dieu m’aimait et ça faisait du bien.

Quelque temps plus tard, le prêtre nous a demandé qui souhaiterait devenir son auxiliaire d’aumônerie. J’ai dit au Seigneur : “Si tu veux que ce soit moi, t’as qu’à demander au prêtre de venir me le demander.” Et il est venu. Mais un trafiquant de drogue auxiliaire d’aumônerie, ça ne s’est jamais vu en prison, de peur que celui-ci en profite pour “refiler de la came”. Il a donc fallu demander au directeur de la prison, à la directrice de mon quartier, au chef de la détention puis au juge d’instruction. Curieusement, toutes les portes se sont ouvertes. Je n’ai jamais été aussi heureux. À l’aumônerie, j’étais comme dans ce jardin que sainte Thérèse de Lisieux m’avait montré en songe, où je me promenais librement.

Je me suis alors rendu compte à quel point Dieu m’aimait, j’ai fait des efforts pour lui. Je suis devenu son enfant de chœur. Je tenais le sang du Christ à côté du père. Je me suis mis à prier, à aider les autres détenus. Je leur apportais parfois une Bible, une image, une médaille, ou encore des lettres. Pendant quatre ans, j’ai eu l’enseignement du père et j’ai ainsi compris à quel point Dieu m’aimait. Jésus m’avait relevé.


Depuis sa sortie de prison, Daniel est engagé dans les fraternités du Bon Larron, qui viennent en aide aux prisonniers.

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