Le père Préaux, recteur du sanctuaire de Notre-Dame de Montligeon, aime dire à propos du père Buguet, fondateur de Montligeon et infatigable avocat des âmes du Purgatoire : « La petite Thérèse passe son Ciel à faire du bien sur la terre. Le père Buguet a passé sa vie sur terre à faire du bien au Ciel. »
Et nous ? Prions-nous régulièrement pour nos défunts ? Ne nous contentons-nous pas d’aller fleurir leurs tombes une fois l’an, le 2 novembre pour les plus avertis, le jour de la Toussaint pour la plupart ? À l’époque de la sécularisation, n’avons-nous pas perdu le sens de l’éternité ? Pas étonnant, dans ces conditions, que la perspective de la mort nous soit devenue si insupportable.
La lecture récente de la vie de Marie-Céline de la Présentation, une jeune clarisse morte à 19 ans à la fin du XIXe siècle et béatifiée en septembre dernier à Bordeaux, m’a édifié. À peine âgée de 13 ans, elle avait déjà perdu 5 de ses 11 frères et sœurs et à 14 ans, elle perdait sa propre mère. « Face à l’épreuve, sommes-nous condamnés à nous durcir, ou à nous révolter, à nous désespérer ? Non. Nous pouvons aller plus loin. Nous avons au centre de nous-mêmes un lieu profond où rien ne peut nous atteindre, un lieu où Dieu réside et où l’on peut le trouver au milieu des tempêtes. Marie-Céline a trouvé ce lieu, sans doute très tôt », écrit le père Peyrous, auteur de sa biographie. L’une des grandes leçons qu’elle nous donne, et avec elle tant de saints martyrs qui ont accepté de donner leur vie pour le Ciel, c’est justement ce désir de l’éternité. L’éternité a été et doit redevenir le moteur qui fait avancer les chrétiens./