Je suis d’origine ivoirienne dans une famille catholique. À l’âge de sept ans, j’ai perdu mon père. Si cet événement ne m’a pas bouleversé sur le moment, arrivé à l’adolescence, j’accusais Dieu de me l’avoir enlevé. Dès cet instant, j’ai juré de combattre toute ma vie contre ce Dieu auteur de la souffrance. Je fis alors tout ce qui, selon moi, pouvait lui nuire : le mal aux autres et la destruction de l’être qu’il avait créé. J’ai commencé à fumer 4 paquets de cigarettes par jour, à me droguer (coke, crack, ecstasy), et à avoir des relations affectives désordonnées. Les tentatives de suicides se succédaient. Je me détruisais, content de briser le cœur de Dieu. Pourtant, plus
j’avançais dans cette voie, plus le violent cri d’être heureux grandissait.
"C’est Jésus que tu tiens..."
Un jour, malgré mes résistances, ma mère parvint à m’emmener
à un groupe de prière. C’est en sortant de la voiture que j’ai senti un premier désarmement : ces personnes me saluaient
et me souriaient avec tendresse. J’ai eu la forte impression
de me sentir aimé.
De loin, j’entendis ma mère m’inscrire au Forum des jeunes de Paray-le-Monial. Ne supportant pas qu’elle prenne des décisions à ma place, je demandai au responsable s’il trouvait cela juste. Très sereinement, il me répondit que non. Quelques heures après, dans un bar, je lui déballai toute ma souffrance. Deuxième désarmement : pour la première fois, quelqu’un m’écoutait et me comprenait.
Le lendemain, je le retrouvai pour parler. Il me fit écouter un chant qui déchira mon cœur : "Plus près de toi mon Dieu". On y parlait du repos, du bonheur, de l’amour. Et visiblement, Dieu en était l’auteur. J’écoutai le CD en chantant les chants, louant et bénissant quelqu’un que je n’aimais pas.
Le troisième désarmement ne tarda pas. Un jour, ce frère de communauté me fit la proposition de prier pour moi avec d’autres frères. C’était effrayant, et en même temps, j’en crevais d’envie. Nous étions tous à genoux sur le sol de la chapelle, moi au-devant, en face du tabernacle, et eux la main sur mes épaules. Leur chant "Ne crains pas, je t’ai racheté" s’élevait dans la chapelle. Je restais indifférent, et cela m’énervait presque. Jusqu’à ce qu’un frère reçoive dans son cœur une parole qui disait : "Jésus veut reposer physiquement sur ton cœur, et voudrait que tu reposes sur le sien". Sortant alors le Saint Sacrement du tabernacle, ils le déposèrent dans mes mains. "Tu peux le serrer contre ton cœur, c’est Jésus que tu tiens." J’ai alors senti physiquement à l’intérieur de moi des verrous éclater, et tout le mystère d’amour de Dieu m’envahir. J’entendis de manière mystérieuse dans mon cœur : "Tu es mon fils bien-aimé. Je t’aime. Bienvenue." À cet instant même, je compris que Dieu seul suffisait, et que mon cœur était vraiment sans repos s’il ne demeurait pas en lui. Cela fait bientôt 6 ans que j’essaie d’accueillir Dieu comme mon tout.