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Retrouvez Jean-Jacques et Marie-France sur le site http://dsavio21.free.fr consacré à la maison Dominique Savio.
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Témoignage  > Jean-Jacques et Marie-France, sur le sentier de la... Paix   Imprimer cette page

"Cheyenne", tel fut le nom de guerre de Jean-Jacques lorsqu’il menait l’existence marginale d’un SDF. Il a fondé avec Marie-France son épouse la maison Dominique Savio. Des jeunes en rupture sociale viennent s’y reconstruire.

[30/05/2008]

À l’époque où je l’ai connu, Jean-Jacques se prénommait “Cheyenne” et partageait sa vie entre la rue et la prison, où le conduisaient de fréquentes bagarres. « Cheyenne, il nous protège », disaient ceux qu’il prenait sous son aile. Jouer le caïd, se blinder, ça lui allait comme sa paire de santiagues. Il baroudait de ville en ville et faisait le cracheur de feu pour gagner sa vie. Il avait appris à marcher sur les braises, en Inde. Il avait fait le choix de la rue et des chemins, en marge.

Pour ma part, je travaillais comme assistante sociale pour la ville de Poitiers. J’instruisais les dossiers de RMI des SDF. Je mûrissais un projet de vie consacrée. Impossible de faire venir Cheyenne dans mon bureau, je ne pouvais le rencontrer que dans la rue ! Un jour pourtant, il vint à mon groupe de prière. Il accepta d’entrer dans la chapelle, avec son gros chien des Pyrénées. L’amitié grandit entre nous, mais j’en vis des vertes et des pas mûres avant que nous puissions construire quelque chose de solide ensemble. Il n’était pas question pour moi de vivre maritalement sans le sacrement de mariage. Il savait que j’accepterais de l’épouser s’il quittait sa vie de galère et devenait sobre. Même si je l’aimais passionnément, je pensais à mes futurs enfants et je voulais qu’ils aient un bon papa.

À chaque fois que Jean-Jacques essayait de s’en sortir, il était rattrapé par la justice. Il décida de ne plus se dérober et de purger sa peine. Le miracle de sa guérison à Lourdes, son abstinence complète me décidèrent à accepter que nous nous fréquentions. Je l’ai épousé un an plus tard. Nous avons eu deux filles.

Rapidement, nous avons travaillé d’abord sur la péniche Tibériade pour accueillir les sortants de prison puis chez les Orphelins apprentis d’Auteuil à Blanquefort. Ensuite Jean-Jacques sentit l’appel à créer un lieu de vie pour les jeunes en rupture sociale. En 2001, nous avons racheté la maison de ma grand-mère au Plessis-Olivier dans les Deux-Sèvres. Jean-Jacques avec famille et amis transforma la grange, les bâtiments en foyer. En 2004, nous recevions l’agrément du ministère de la Justice et de l’Aide sociale à l’enfance pour accueillir dans la maison Dominique Savio neuf jeunes de 16 à 18 ans. Nous nous sommes entourés d’une équipe éducative et d’un conseil d’administration en créant une association. Mon époux a beaucoup donné à ces garçons durant quatre années.

Mais le 18 septembre dernier, Jean-Jacques a fait un accident vasculaire cérébral. Il se retrouve en fauteuil roulant, hémiplégique et privé de la parole. Comment dans cette passe si déroutante continuer l’œuvre de la maison Dominique Savio ? Je recherche un assistant permanent de soir et de nuit pour soutenir l’équipe. J’aménage ma maison pour pouvoir accueillir mon mari handicapé. Et j’attends un deuxième miracle pour que la guérison de Jean-Jacques soit complète [1]

Dans l’inconnu, je prie et j’espère pour lui, pour ma famille, pour les jeunes de la Maison Dominique Savio.

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