La fête est un ensemble de réjouissances collectives destinées à commémorer périodiquement un événement. Les fêtes, qu’elles soient religieuses ou profanes, s’élaborent autour d’un thème particulier qui rassemble et permet de vivre ensemble un moment d’une forte intensité. Elles favorisent l’émergence parmi les personnes présentes d’un sentiment d’appartenance à un groupe possédant les mêmes valeurs.
Un temps fort de partage
Chez les jeunes, Faire la fête recouvre des activités variées. Bien souvent, c’est une occasion particulière qui est prétexte à la fête : l’anniversaire d’un ami, la réussite à un examen... La fête vient alors marquer l’importance de cet événement et l’inscrire dans le temps. Elle n’est pas une fin en soi. Elle est alors synonyme de rencontre et de partage. Elle fait lien, fortifie l’amitié, favorise les échanges, permet l’amusement autour de jeux, de danses ou de discussions. Comme le précise Élodie, 18 ans, "Faire la fête pour moi, c’est retrouver des gens que j’aime, avec lesquels je partage un bon moment que ce soit autour d’un repas ou de toute autre activité. Pour qu’elle soit réussie, les excès en tout genre (abus d’alcool, drogue...) n’y ont pas leur place".
S’éclater jusqu’au bout de l’oubli
D’autres fêtes, loin de favoriser une réelle rencontre permettent d’oublier un quotidien jugé insipide et souvent angoissant. On vient faire la fête pour la fête. Pour s’éclater. Ce ne sont plus les personnes présentes dans leur individualité qui comptent mais plutôt le groupe dans lequel on se dissout, abandonnant pour un temps sa personnalité propre et tous les problèmes qui y sont associés. Parfois l’impression d’une liberté sans limite submerge l’adolescent dans ces ambiances électriques où la transgression est souvent la règle. Pour planer plus vite et plus facilement, certains jeunes ont recours à la drogue ou l’alcool. Sous l’effet de ces substances, ils se sentent tout à coup plus cool, moins timides. Tout paraît plus facile : la drague, la vie, les potes... « Le lundi, explique Romuald, 17 ans, je pense déjà à la fête du samedi soir. J’ai toujours un pote qui connaît une bonne adresse où on s’éclate toute la nuit. Là je me défonce et j’oublie ma connerie de vie. On n’arrête pas de se marrer, on boit, on fume et j’ai plus cette angoisse qui me vrille les tripes en permanence. »
Le spleen de l’adolescence
Bien souvent, ces angoisses sont liées à une difficulté à sortir de l’enfance et à assumer les contraintes du monde réel. L’adolescence est une période délicate où le jeune prend conscience de sa finitude et l’angoisse de la mort peut devenir fortement perceptible. Des ersatz tels que l’alcool à profusion ou les joints procurent un plaisir et une détente factices qui dissipent (pour quelques heures) cette sensation récurrente de désespérance. Par contre, les lendemains de fêtes sont généralement empreints d’une grande anxiété et d’une profonde mélancolie. Confronté de nouveau à l’insupportable réalité, le jeune s’enfonce bientôt dans un cercle vicieux dévastateur.
Soyons donc vigilants. Faire la fête ? Pourquoi pas mais à certaines conditions. C’est en privilégiant une relation vraie avec autrui, l’acceptation du réel et la maîtrise de soi que la fête offrira des instants de bonheur inoubliables et une véritable détente.