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Courrier des lecteurs  > La grâce et les oeuvres   Imprimer cette page

Je réagis au n° 241 d’Il est vivant ! (septembre 2007). Je trouve tout d’abord positif que votre revue aborde la question du salut qui est beaucoup trop banalisée aujourd’hui. Je voudrais cependant relever plusieurs inexactitudes dans le dossier central de ce numéro.

[01/10/2007]

1) L’article “La fin des limbes” (page 24) affirme que "la Commission théologique internationale a tranché". Or cette commission n’est pas à confondre avec la Congrégation pour la doctrine de la foi. Elle a été instituée par Paul VI pour conseiller le Saint Siège dans des questions discutées. Son rôle n’est donc pas délibératif, mais purement consultatif. Son but n’est pas de prendre des décisions doctrinales, mais d’éclairer le Magistère. Cette commission n’est pas un organe du Magistère comme le sont les Congrégations romaines.

2) L’article affirme ensuite que le concept des limbes est “supprimé”, ce qui est faux. Le document en question estime effectivement qu’il existe des raisons théologiques et liturgiques sérieuses d’espérer que les enfants morts sans avoir été baptisés seront sauvés et jouiront de la vision béatifique. Cependant ce texte reconnaît explicitement que la théorie des limbes demeure une opinion théologique possible.

3) Dans le témoignage de R. Borgman (pp. 20-21), j’ai été peiné de lire : « Vous ne pouvez rien faire pour être sauvés. Le salut n’est donné que par la grâce et rien d’autre » (p. 21). Voici qu’on nous ressert le sola gratia luthérien ! Les catholiques auraient-ils donc oublié à ce point les affirmations dogmatiques du concile de Trente ?

Ce concile est très ferme : tout en reconnaissant le primat et la gratuité de la grâce (l’homme ne peut se sauver sans la grâce), il affirme précisément que, dans sa justification, l’homme « n’est pas totalement sans rien faire » (ibid., n° 1525). Dans le canon 32, le même décret condamne l’erreur actuelle qui nie toute valeur salvifique aux œuvres bonnes. Bref, la conception catholique de la Rédemption a toujours compris que Dieu voulait réellement associer l’homme à la réalisation de son propre salut (et à celui des autres) et qu’en dehors de la collaboration active de l’homme, il n’y a pas de salut. Je crois qu’il est important qu’une revue comme la vôtre (dont j’apprécie non seulement le souci d’être fidèle au Magistère, mais encore la volonté de servir l’Église), précisément parce que reconnue comme catholique, prenne le soin de vérifier ses contenus avec une certaine rigueur du point de vue de la doctrine. Bien à vous, en Notre Seigneur.

Abbé Christophe J. Kruijen +

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