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Témoignage  > Marie : "C’est la grâce qui m’a sauvée"   Imprimer cette page

Édifiante, la jeune Marie grâce à laquelle en 2003 on a pu mettre sous les verrous Michel Fourniret, coupable du viol et de l’assassinat de plusieurs jeunes filles. Lors du procès de "l’ogre des Ardennes", Marie a proclamé sa foi en l’intercession de la Sainte Vierge... C’était le jour de l’Annonciation ! (Nous reproduisons ici la dépêche de l’agence de presse Reuters, reprise par tous les medias.)

[29/04/2008]

CHARLEVILLE-MEZIERES, Ardennes – Face à un accusé qui a affiché son indifférence, la fillette belge qui fit arrêter en 2003 le tueur en série présumé Michel Fourniret a déclaré lundi à la cour d’assises qu’elle lui avait échappé après avoir prié à haute voix et invoqué la Vierge Marie.

Au troisième jour d’audience, Marie, âgée à l’époque de 13 ans, a raconté à la barre comment l’accusé, disant chercher sa route et se présentant comme professeur de dessin et père de famille, l’avait mise en confiance avant de la contraindre, en la tirant, à monter dans sa camionnette.

« Avant de monter, j’ai confié ma route à la Vierge Marie. J’ai dit, “Marie, passe devant” pour qu’il ne m’arrive rien. J’ai commencé à prier dans mon cœur », a dit la jeune fille. Ce 26 juin 2003, à Ciney en Belgique, Fourniret prend la route, alors qu’elle prie à haute voix. «  Je lui ai demandé s’il croyait en Dieu, il ne m’a pas répondu. » La camionnette prend un chemin à l’écart et s’arrête. Le tueur présumé, sous la menace, entrave sa victime aux mains et aux pieds, la conduit à l’arrière du véhicule, avant de repartir.

«  Je lui ai demandé, “pourquoi tu fais ça ?”, il a dit “tu dois me donner du plaisir, autrement, tu ne rentreras pas”. “J’étais étonnée, je ne savais pas jusque-là ce qu’il voulait faire de moi”, a raconté Marie.

Elle crie, il commence à l’étrangler et lui dit : « Si tu cries, je te tue. » Marie demande alors à son ravisseur s’il fait partie du groupe de Marc Dutroux. « Je suis pire que Marc Dutroux », répond-il. Le véhicule repart.

À l’arrière, Marie prie à “pleine gorge”. Elle aperçoit une carte routière des Pays-Bas, de Belgique et de France. « Je me suis dit, c’est fini. J’ai vu toute ma vie défiler, je me suis sentie comme dans un film. » Soudainement, les liens des jambes se détendent, elle se libère puis, avec les dents parvient à dégager ses mains. À un arrêt du véhicule, elle ouvre la porte latérale coulissante et s’enfuit, sans que Fourniret s’en aperçoive.

Plus loin, une femme la recueille en voiture et, chemin faisant, croise la camionnette du ravisseur qui a fait demi-tour. Le numéro d’immatriculation relevé permettra à la police belge d’arrêter Michel Fourniret.

Marie dit n’avoir pas besoin de psychologue pour gérer le souvenir de son enlèvement, invoquant « la grâce ». L’avocat général Francis Nachbar a félicité et remercié la jeune fille à l’audience. «  Vous avez sauvé votre vie et celle de beaucoup d’autres jeunes filles. »

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