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Il t’appelle  > Pierre Panis, heureux celui qui croit !   Imprimer cette page

Quand on se retrouve subitement paralysé, allongé pour toujours sur un lit de douleur, existe-t-il une autre issue que le désespoir ? L’histoire de Pierre est le témoignage vivant d’un bonheur au cœur de la souffrance.

[02/07/2007]

Viticulteur-arboriculteur de profession, hyperdy-namique de nature, je vivais heureux et croquais la vie à pleines dents. Vers la fin de l’année 1985, j’ai commencé à être gêné pour utiliser un tournevis. J’avais alors 33 ans. Six mois après, j’étais en fauteuil roulant et, trois ans plus tard, j’optais pour le lit que je n’ai plus quitté depuis.

Aujourd’hui, je suis entièrement paralysé, trachéotomisé, branché à un appareil respiratoire et ne peux désormais remuer que les yeux. Cette maladie, appelée "Sclérose Latérale Amyotrophique" (S.L.A.) ou "maladie de Charcot" entraîne une dégénérescence inexorable de tous les muscles et conduit rapidement le malade à une dépendance totale. Par bonheur, je possède un ordinateur équipé d’un logiciel spécial qui me permet d’écrire avec les yeux.

Le premier moment d’abattement passé, je me suis tourné vers le Ciel et j’ai demandé : pourquoi moi ? Je voulais comprendre et j’ai compris qu’il m’avait fallu cette maladie pour me rendre compte que j’étais très loin de suivre la route du Seigneur. Aujourd’hui, je suis entièrement paralysé, je ne peux remuer que les yeux mais je suis heureux : heureux de marcher à nouveau sur cette route, heureux de vivre enfin en conformité avec mon idéal, heureux d’être modestement utile à mon Dieu.

Un chemin de sainteté

À l’annonce de ma maladie, ayant toujours eu la foi, je me suis jeté en elle avec le désespoir d’un naufragé sur une bouée de sauvetage. Et malgré l’extrême douleur des premières années, j’ai maintenu ma confiance en Dieu. Quand la maladie ne trouve plus de quoi alimenter son appétit destructeur, on entre dans ce que les spécialistes appellent la phase terminale… Il y a 17 ans que je suis dans cette phase, et je suis heureux ! Je n’ai aucune envie de me plaindre. Oserai-je dire, au contraire, car cette maladie est pour moi un chemin de sainteté. Dieu remplit ma vie et je ne manque de rien.

Oui, la souffrance est là, physique et morale, mais le Christ dit : « Venez à Moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau, et Moi Je vous soulagerai » (Mt 11, 28). Je suis là pour en témoigner ! Je n’ai jamais douté de l’Amour de Dieu.

À l’aune de l’éternité

Nous avons été créés par un débordement de l’Amour infini. Toutes nos souffrances sont nécessaires à notre purification, pour la préparation de notre éternité bienheureuse. Quand l’enfer se déchaîne contre nous, nous implorons le Ciel et nous gardons confiance. Alors que, dans la même situation, les personnes “sans Dieu” bien souvent désespèrent et revendiquent le droit à mourir.

La souffrance acceptée et offerte fait office de sauf-conduit pour le purgatoire. L’euthanasie est donc criminelle à double titre : pour le temps et pour l’Éternité. Mais Dieu pardonne au pire des criminels qui implore son pardon avec un repentir sincère. Qu’importe notre vie actuelle ? Offrons-la joyeusement, soyons des amis fidèles de notre Dieu, car nous savons que nous passerons l’Éternité dans sa Gloire.

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