l’adolescence, passionné de sport, je quittais peu à peu une pratique religieuse où je ne trouvais pas la présence de Dieu. Devenu ingénieur, le monde s’ouvrait devant moi. Je parcourais la planète : officier de marine dans le Pacifique, routard sur les chemins de l’Asie, puis directeur technique pour la construction d’un canal au sud du Soudan. Une guerre absurde nous y rejoignait et nous avons abandonné ce pays à ses maux. C’est alors que je rencontrais une jeune femme, témoin vivant et zélé de la foi catholique et membre de la communauté de l’Emmanuel. Étonné, je me laissais inviter à un groupe de prière de jeunes, et ce qui fut au départ pour moi un spectacle allait devenir le lieu de ma rencontre personnelle et concrète avec Dieu. Si tu ne deviens pas comme un enfant, tu n’entreras pas dans le Royaume et « Voici ce cœur qui a tant aimé le monde mais qui ne reçoit de lui qu’ingratitude (Jésus à sainte Marguerite-Marie) sont les mots qui touchèrent mon cœur.
Délicatement, Jésus entrait dans ma vie, la changeait, la réjouissait. Une famille, l’Église, se dévoilait et j’y trouvais mon bonheur, m’engageant activement. La joie de partager ma foi toute neuve m’encourageait à persévérer malgré mes pauvretés et mon péché. Dieu est miséricorde et je rencontrais son pardon.
Trois années s’écoulèrent, partagées entre un travail professionnel passionnant, la mission, le sport, la famille et les amis. Doucement Dieu préparait mon cœur à entendre un appel radical que je repoussais encore. Enfin lors d’une retraite en silence, à 28 ans, son appel au sacerdoce retentissait en moi, causant une jubilation intérieure jusqu’alors inconnue. Cinq jours d’affilée, je lui redisais mon oui. L’horizon s’ouvrait devant moi pour une nouvelle aventure à la suite du Christ.
Séminariste six années à Rome, je suis devenu prêtre diocésain en 1992 à Paris. Routard autour du monde, j’empruntais un nouveau chemin à la rencontre des hommes.
Consécutivement aumônier de jeunes à Rome, vicaire en paroisse, aumônier de lycée, puis curé de paroisse à Paris, je suis aujourd’hui sur les bords du golfe de Saint-Tropez, curé de Cogolin et Sainte-Maxime. L’Église m’y invite à œuvrer avec les autres paroisses et leurs membres pour l’annonce de l’Évangile sur ces terres si touristiques.
Ma vie de prêtre m’apporte tellement ! Certes elle n’est pas facile, mais quelle vie est facile ? Le célibat est une vraie exigence, mais il est un don ouvert sur la vie pour être tout à Dieu. Je Le retrouve chaque jour dans l’eucharistie et l’adoration. Et je suis soutenu par la prière de frères et sœurs laïcs. Je vis avec d’autres prêtres et nous nous encourageons les uns les autres par la charité fraternelle, si essentielle.
Donner l’amour du Christ par l’écoute et les sacrements comble mon cœur. Il me faut encore apprendre la patience et la douceur. L’Esprit Saint ne cesse de me donner cette lumière et cette force que je n’ai pas par moi-même. Des regrets ?, me demande-t-on parfois. Non, car je découvre chaque jour l’importance de donner ma vie aux hommes et de leur montrer la direction du cœur de Jésus. J’ai souvent envie de crier Dieu vous aime ! Il y a tant de souffrances. Jésus est la réponse à la soif d’amour et de vie qui habite le cœur de tout homme. Portée par ma vocation, ma vie a trouvé son sens.
Je bénis Dieu de son appel.