Frédéric : Pour moi, tout a commencé en 1996, lorsque j’ai accompagné mon père qui souffrait d’un cancer. Un soir, alors qu’il était pris d’une forte angoisse, il a demandé à ma mère de lui donner sa médaille de la Vierge Marie. Dès cet instant il s’est apaisé, ceci m’a questionné.
Patricia : De mon côté, j’ai rejoint le mouvement scout à l’âge de 12 ans. Ensuite, au collège et au lycée, je fréquentais l’aumônerie. Mais quand Frédéric a débarqué dans ma vie, j’ai tout laissé tomber ! Puis nous nous sommes mariés et avons eu nos deux premiers enfants, Jérémie et Blandine.
F. : En 1997, j’ai obtenu un poste d’enseignant à l’école française de Denver (USA) et Patricia a travaillé à mes côtés comme aide-maternelle.
P. : Peu après notre arrivée, une enseignante nous a informés de l’existence d’une messe en français. Nous y sommes allés principalement pour rencontrer d’autres francophones. Mais au fil des dimanches, nous nous sentions remplis de joie
et de paix.
F. : En 1999, nous avions une élève dont les parents étaient membres d’une commu-nauté nouvelle. Lors d’une rencontre parents-professeurs, après avoir parlé de leur enfant, nous leur avons posé de nombreuses questions.
Ils nous ont invités chez eux et nous avons pris l’habitude d’aller dans leur communauté chaque week-end. Face à nos demandes et à notre inculture chrétienne, un frère nous accueillait afin
de nous re-catéchiser.
P. : Personnellement, j’ai été très touchée par cette famille venue de France pour implanter cette communauté aux États-Unis. Elle vivait dans un réel esprit d’abandon à la Providence.
F. : De mon côté, je pensais jusqu’alors que, dans l’Église, seuls les prêtres et les religieux avaient leur place. J’ai donc découvert grâce à eux que, moi aussi, en tant que père, j’avais un rôle à y jouer. À la même période, se déroulait le pèlerinage de Jean Paul II en Terre Sainte. Voir un homme si brillant se livrer avec autant d’intensité à la prière m’a
bouleversé. Face à tant d’interpellations, mes certitudes antérieures ont commencé à se fissurer.
P. : C’est alors que la communauté nous a proposé de recevoir le sacrement de la réconciliation. Cela a été un coup de tonnerre dans notre vie ! Nous avons eu l’impression de voir le monde pour la première fois. Nos priorités ont complètement changé.
F. : Dans notre vie personnelle, de couple et de famille, il existe un avant et un après mai 2000. Ceci s’est manifesté concrè-tement lorsque notre fils m’a dit : Je préfère le papa de maintenant !
P. : Depuis Denver, nous avons été guidés par une main bienveillante. Face à cette surabondance d’amour reçue à travers notre rencontre avec le Seigneur, nous avons voulu en redonner. Nous avons donc décidé de devenir parents une troisième fois et Élise est née !