Nous nous sommes mariés le 29 août 1998. Nous savions à ce moment-là que probablement nous connaîtrions des difficultés à donner la vie. Pourtant, le désir d’enfant s’est fait ressentir de plus en plus fortement. Nous avons décidé de demander à Dieu de devenir parents, sûrs d’être exaucés.
Nous voilà lancés dans le très douloureux parcours des examens médicaux, des diagnostics, des espoirs et des déceptions. Dans le même temps, issus tous deux de familles protestantes, nous rejoignions l’Église catholique. Nous avons cherché à savoir ce qu’elle disait en matière de procréation médicalement assistée. Une fois informés, nous avons expliqué au médecin que nous n’accepterions ni réduction embryonnaire, ni insémination artificielle, ni fécondation in vitro, etc. Il ne nous a pas vraiment pris au sérieux mais a accepté de continuer à nous prendre en charge.
Malgré les moments de doute, les révoltes, la douleur, nous gardions une paix profonde. Nous avions compris que l’Église est une mère qui protège ses enfants et étions résolus à nous laisser faire. Au bout d’un an et demi, épuisés, nous avons décidé d’arrêter les traitements. Puis nous sommes allés à un week-end organisé pour les couples sans enfants. À la suite de cela, nous avons reçu le sacrement des malades. Deux ans ont encore passé. Les familles de nos frères et sœurs et de nos amis commençaient à s’agrandir. C’était dur pour nous. Nous étions pourtant sûrs que Dieu entendait nos prières, mais ce long temps d’attente devenait de plus en plus douloureux. Un ami prêtre nous a emmenés à Chateauneuf-de-Galaure pour confier notre intention à Marthe Robin. C’était au mois d’août 2004. Nous n’avions pas encore expérimenté l’intercession des saints. Cette démarche nous posait question : quelle en serait l’efficacité ? Trois jours après, la réponse venait de façon surprenante. Béatrice entendait dans son cœur : "Il faut reprendre les traitements."
Nous sommes donc allés consulter un autre médecin, à qui nous avons expliqué notre démarche. Elle nous a écoutés avec beaucoup de respect et nous a dit qu’il nous faudrait juste être patients.
Les traitements ont recommencé en janvier 2005. L’été suivant, nous avons participé à une session à Paray-le-Monial avec quatre familles amies. Nous avions le vertige devant le nombre de bébés, de poussettes, de voitures familiales… et nos bras vides. L’avant-dernier jour de la session, nous nous sommes éclipsés rapidement après l’Eucharistie pour vaquer à notre service. Un peu plus tard, nos amis nous ont appris qu’une parole de connaissance [1] avait été dite à la fin de la messe concernant un couple sans enfant que le Seigneur venait visiter : il reviendrait l’année suivante rendre grâce, un bébé dans les bras. Nous avons su que nous attendions un bébé en octobre et notre Jeanne-Marie est née le 22 juin 2006. Gloire à Dieu, il est bon et fidèle.