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Dossier  > Venez, adorons-Le ! Cet amour qui nous guérit   Imprimer cette page

Dans l’adoration de l’Eucharistie, nous vivons à plein la grâce de notre baptême : la foi, l’espérance et la charité. Au travers de ces trois actes qui font toute notre vie chrétienne, le Seigneur Jésus lui-même vient nous visiter, transformer notre vie, nous libérer et nous guérir.

Par le Père Jacques Marin [30/05/2008]

Le sacrement de l’Eucharistie est grâce de guérison : c’est le prêtre lui-même qui nous invite à le proclamer à chaque messe en montrant la Sainte Hostie à l’assemblée : « Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir, mais dis seulement une parole et je serai guéri. » Notons bien que cette parole, qui est de l’Évangile, ne nous fait pas dire : « Je serai converti », mais bien «  je serai guéri ». La liturgie a retenu ce moment où la grâce sacramentelle agit pour que nous soit donnée par Jésus lui-même la guérison dont nous avons tous tant besoin. Pour cela, il nous faut avoir le cœur ouvert à la grâce de Dieu. Par quel canal ? Tout simplement celui que Dieu prend toujours pour accomplir ses promesses, par la foi l’espérance et la charité.

Augmente en nous la foi !

Certes, nous nous approchons de la Sainte-Eucharistie avec beaucoup de cœur et de respect, car c’est le Divin Maître que nous prions, adorons, et recevons dans la communion. Mais la disposition première et indispensable, c’est la foi que nous proclamons, et par laquelle passe Jésus pour nous exaucer ! L’Eucharistie est d’abord sacrement de la foi. Nous devons souvent demander à Jésus comme le firent les apôtres eux-mêmes : « Augmente en nous la foi » (Luc 17, 5). Et le Seigneur entend notre prière. Ainsi ce jeune homme de 18 ans, qui n’avait pas pratiqué que de bonnes choses avec ses mains avant sa conversion. Ses mauvaises habitudes et son esclavage étaient toujours là. Aussi, plus il adorait Jésus dans le Saint- Sacrement, plus il lui devenait insupportable d’être impur. Il en souffrait et demandait au Seigneur de le délivrer. C’est alors qu’à la messe, au moment de dire : «  Dis seulement une parole et je serai guéri », il fit cet acte de foi : « Je te reçois, Jésus, dans mes mains. Qu’elles soient complètement pures toute ma vie. » Par la Sainte Hostie, Jésus toucha son cœur et ses mains et il fut délivré. Il en témoigna quelques mois plus tard. Peu de temps après, il rentrait au séminaire. Il est prêtre maintenant depuis dix ans. Quelle joie chaque jour, pour lui, de prendre dans ses mains le pain et le vin et de les voir devenir Corps et Sang du Christ !

La force de l’espérance

Dans l’adoration, nous recevons également des grâces d’espérance qui dépassent la logique humaine, comme ce le fut pour Abraham : « Espérant contre toute espérance, appuyé sur la promesse de Dieu et, sans hésitation ni incrédulité, mais avec une foi puissante il rendit gloire à Dieu, certain que tout ce que Dieu a promis, il est assez puissant ensuite pour l’accomplir » (Rm 4, 18-21). C’est ainsi qu’une jeune fille, souffrant le martyre à cause de douleurs à la colonne vertébrale, passait d’un médecin à l’autre, et se voyait toujours infirme. Elle était incapable d’entreprendre un travail suivi. Un jour, elle rend visite à une communauté qui lui propose de demander sa guérison devant le tabernacle. Mais après un long temps de prière, il semblait que rien n’avait changé. C’est alors que la responsable de la communauté lui prophétisa : « Reste confiante, ne doute plus, tu reviendras ici complètement guérie et à genoux, tu remercieras Jésus pour ta guérison. » C’était l’après-midi. À l’acte de foi, s’ajoutait l’espérance : « Un jour, tu reviendras ici remercier… » Je venais visiter cette communauté. Au dîner, le Seigneur me fit demander de pouvoir prier pour elle à mon tour. Je la cherchais des yeux. Déjà, elle était repartie s’allonger sur son lit. Sa chambre touchait la chapelle. Le soir, il y avait un temps d’adoration. Je frappe à la porte de sa chambre, la trouve là sur son lit de douleur, et je lui impose les mains. Surprise ! La voilà qui allonge une jambe puis l’autre (comme une élongation par une main invisible) et moi de lui dire : « Allez, debout ! Jésus te guérit, regarde, tu marches. Allez davantage, fais de grands pas. » Comme j’avais parlé très fort, la communauté en adoration entendait ces paroles de foi en se souvenant de la promesse : « Tu reviendras là sans peine et guérie tu te mettras à genoux devant Jésus-Hostie ! » Quelle joie pour cette communauté tout offerte à Jésus ! Et pour elle bien sûr ! Un an après, je retrouvais cette jeune femme, guérie, dans une congrégation religieuse.

La compassion de l’Église

Que se passe-t-il dans ces guérisons accordées dans l’adoration et la bénédiction du Saint-Sacrement ? Notre cœur est touché, et c’est la compassion qui nous est donnée. Notre cœur est ému devant la maladie, l’infirmité et la souffrance. Nous percevons que Jésus veut et va agir pour guérir. Il nous communique lui-même son amour pour les pauvres, les infirmes et les malades, avec la foi. Parfois, dans notre prière, Jésus ne guérit pas que physiquement, il vient donner d’autres formes de guérisons et de libérations combien importantes elles aussi. Beaucoup de dépressions guérissent là dans l’adoration, devant le Saint-Sacrement. Là aussi, peuvent être libérés des drogués, des alcooliques, des cleptomanes, etc. Là encore a lieu la délivrance de ceux qui ont un esprit de vengeance. Jésus touche les cœurs dans sa miséricorde. Dans la Sainte Messe également, Jésus vient consoler et refaire les forces des fidèles dans leurs plus grandes épreuves, tels les deuils. C’est pourquoi l’Église fait célébrer la messe pour les défunts le jour de l’enterrement. Il arrive aujourd’hui que du fait du manque de prêtre, aucun ne puisse célébrer la messe ce jour-là. Qu’il est bon, alors, de voir le laïc qui dirige la prière, inviter la famille à se tourner vers Jésus présent dans la Sainte-Eucharistie au tabernacle ! C’est l’adoration, dans la visite du Saint- Sacrement tant recommandée par l’Église.

Là où il n’y a plus la possibilité de messe, redoublons de temps et de cœur dans l’adoration !

La charité répandue en nos cœurs

C’est dans la vertu de charité qu’est donnée directement la consolation par Jésus lui-même vivant dans l’Eucharistie. L’apôtre Paul ne manque pas de nous l’enseigner : «  Il est le Père des miséricordes et le Dieu de toute consolation qui nous console dans toutes nos tribulations » (2 Corinthiens 1, 3-4). Dans l’adoration, en contemplant Dieu, nous voyons la grande charité qui est au cœur même de la Sainte-Trinité et qui est «  répandue dans notre cœur » (Romain 5, 5), à la façon dont sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus fut touchée, à Noël 1886 : « Je sentis la charité entrer dans mon cœur, le besoin de m’oublier pour faire plaisir, et depuis lors, je fus heureuse » (Histoire d’une âme).

Le prophète ne l’avait-il pas annoncé ? «  Mais pour vous qui craignez mon nom, le soleil de justice brillera avec la guérison dans ses rayons. » (Ml 3, 20).

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