Evangéliser dans le train. Dieu à 300 km/h !

Jean-Baptiste, un infatigable évangélisateur, profite de ses trajets quotidiens en TGV sur la ligne Tours-Paris pour parler de Dieu.

TGV« « Proclame la parole, insiste à temps et à contretemps, réfute, menace, exhorte, avec une patience inlassable et le souci d’instruire ». (2 Timothée 4,2) Ce verset est particulièrement valable lors des contretemps de la SNCF…

Voici déjà deux ans que j’utilise le TGV comme moyen d’évangélisation. Je l’emprunte 4 à 5 fois par semaine pour me rendre à mon travail. Nous sommes à peu près 5.000 abonnés à connaître le même sort sur cette ligne, et petit à petit, nous commençons à nous connaître. Il y a quelques jours, l’un d’eux m’a salué, mais je ne me souvenais plus de lui. « J’espère que ce n’est pas comme ça que tu traites tous tes paroissiens ! », me dit-il en souriant. Je me suis alors souvenu lui avoir parlé de Dieu, un soir, au détour d’une conversation. Comme ils me disent souvent : « après tout, ça ne peut faire de mal à personne ». Après tout, Jésus « fait du bien » : ça ne fait donc pas de mal de l’annoncer !

« Le temps presse »
Un jour j’en ai discuté tout du long d’un voyage avec ma voisine, estomaquée que je lui dise affirme, le plus tranquillement du monde, que Dieu l’aimait. Elle n’avait jamais entendu cela de sa vie. « Mais pourquoi, avant de me parler de Dieu, ne cherchez vous pas d’abord à mieux me connaître ? », me demande-t-elle, étonnée aussi par la méthode. Je lui réponds : « Vous m’avez déjà dit bien des choses sur vous, mais le temps presse : nous arrivons dans 15 minutes, vous allez continuer votre route vers Bordeaux, je ne sais pas si je vous reverrai un jour. Je ne peux pourtant pas vous quitter sans vous avoir dit l’essentiel ! ». Elle a fini par vouloir me présenter son mari, un anti-clérical « vicéral ».

Paris-Paray
Même avant d’être membre du club Grand Voyageur, j’essayais déjà d’utiliser le peu de temps restant « devant nous » pour le mettre à profit dans un but d’évangélisation. Je me souviens ainsi, lors d’un trajet pour Paray-le-Monial, d’une mère pas vraiment croyante, qui me raconta que son fils, pourtant non-baptisé, avait lancé, en famille, un partage de la Bible « parce que ce livre apporte une réponse à toutes les situations de l’existence ». Je n’ai pas manqué de l’inviter aux sessions internationales…

Suffrage
La prière aidant, chapelet disant, chemin faisant, de nombreuses autres portes sont ouvertes tout au long de mes voyages. Un jour, me rendant dans le Nord, j’ai pris le train avec celui qui se rendait à son dernier meeting de campagne pour les primaires socialistes, un certain François Hollande. J’ai pu discuter avec lui d’un point de divergence fondamental m’empêchant en conscience de lui apporter mon suffrage… il sembla presque déçu !
Le train, c’est un peu comme l’hôpital : on y rencontre des personnes de milieux très variés, des musulmans convaincus et ouverts, des institutrices, des personnes âgées ou des jeunes partant aux sports d’hiver, comme ce petit couple qui, à Pâques, se bécotait derrière leur planche de surf et à qui j’ai pauvrement tenté de glisser une planche de salut…

Providence
Il y a quelques semaines, je réfléchissais à la communication autour d’un film qui sortait au cinéma. Mon voisin de gauche aborde la personne devant lui, et découvre qu’elle est actrice. Ils discutent. Une autre personne arrive est s’installe en face de moi. Elle est aussi actrice, et fait partie du même tournage. Mon voisin est inquiet à l’idée d’être chassé plus loin car il n’est pas à sa place… Un peu plus tard, une quatrième personne lui demande sa place. Elle est actrice également. J’écoute d’une oreille. Je dis à mon voisin : « Je vois que vous faites affaire, je vous laisse donc ma place ». Mais je ne lui dis pas qu’ils ne perdent rien pour attendre, car Jésus, lui aussi, attend patiemment qu’on en vienne à Lui, dans la conversation. Dix minutes avant d’arriver en gare, je retourne chercher mes affaires, que j’avais sciemment laissées. Maintenant, ils se connaissent mieux, nous sommes « entre amis ». Je leur lance : « Au fait, je ne vous ai pas dit, mais je travaille justement sur la communication digitale d’un film qui devrait sortir pour la Saint Joseph ». « C’est vrai ? Au cinéma ? » me répondent-ils, interloqués. « Oui. » Ils me tendent aussitôt leurs cartes de visite. Je leur explique que ce film dépeint les aventures d’une Marie-Madeleine des temps modernes, qu’il est le fruit d’une conversion radicale de la réalisatrice avec le Cœur de Jésus… Nous nous promettons, en nous quittant, de rester en contact. Quelques jours plus tard, l’une de ces actrices m’écrit : « C’était vraiment le train des rencontres…  providentielles ! »

Laisser un souvenir
Il y a toujours une possibilité de rompre la glace, d’amorcer une conversation, de dire que l’on est catholique et d’annoncer le kérygme. Essayez simplement, pour commencer, de distribuer un numéro spécial de L’1visible à toute une rame de TGV : vous verrez, cela vient tout seul ! Un jour, mon voisin de TGV, la cinquantaine, lisait un livre intitulé « 100 façons de vivre jusqu’à 100 ans et plus ». En arrivant en gare, je lui ai dit : « Si je peux me permettre, cher Monsieur, j’ai la suite de votre livre ! ». Et je lui ai donné une brochure d’Hervé Marie Catta, « La vie après la mort ». Il l’a prise en souriant. Une autre fois, j’ai pu discuter avec une directrice de maison de retraite (non-catho) qui m’a dévalisé tout mon stock de brochures « Je veux mourir dans la dignité » (du même Hervé Marie Catta), que je venais de constituer le matin même. « Homme de peu de foi », me suis-je alors dit, tu aurais dû en prendre le double !

Il nous reste à chacun encore de très nombreuses et passionnantes rencontres à vivre. Je crois que si tous les catholiques profitaient régulièrement de leurs voyages pour témoigner de leur foi, le Christ prendrait plus tôt le chemin du retour : alors, en route ! »

Jean-Baptiste

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