Lettre d’un jeune catholique anonyme à l’Église

Très chère Église, je t’aime. Après avoir été follement et naïvement amoureux de toi, j’ai appris à te connaître, je t’ai choisie et je t’aime. À la vie (que tu me donnes), à la mort (de mon orgueil) ! J’ai beau avoir essayé de ne pas te comprendre, de t’abandonner, j’ai beau avoir la tentation de te critiquer, je suis habité par un amour pour toi qui dépasse les montagnes. Je t’aime. Car j’aime le Christ. Et le Christ et toi, c’est du pareil au même.
Qu’est-ce que j’aime en toi, ma très chère Église ?

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J’ai confiance en ton pape ! Cela peut paraître fou mais « Ce qu’il y a de fou en ce monde, voilà ce que Dieu a choisi ». Je crois au pape car je crois le Christ. Et le Christ a dit : « Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église. » Oh, parfois cela peut me demander un peu de foi d’aimer et suivre ces pécheurs romains descendant du pêcheur de Galilée. Mais la foi et l’amour, ça va ensemble.

Carlo, quelque temps avant sa mort.

Le vénérable Carlo Acutis

Je dois avouer que j’ai un faible pour tes saints. Magnifiques ! Fantastiques ! Inspirants ! Toute cette sainteté qui traverse et bouleverse ton histoire et celle de l’humanité, ça me transporte. J’aime ces pauvres bougres qui t’ont laissé toute la place et ont changé leur monde, le monde parfois. J’aime cette armée de saints de tous les jours qui portent la lumière du Christ là où ils sont, comme ils peuvent, avec amour, humilité et courage. J’aime ces éducateurs qui tirent la jeunesse vers le haut. J’aime ces artistes qui témoignent de la beauté de Dieu. J’aime les écouteurs qui tendent une oreille attentive à ceux qui en ont besoin. J’aime ces bonnes sœurs et bons moines qui portent le monde par leur prière et aident ô combien d’âmes. J’aime ces mères et pères de famille qui éduquent avec affection, droiture et courage leurs enfants. J’aime ces paysans qui cultivent la création pour nourrir les hommes. J’aime ces fidèles… qui sont fidèles, malgré tout, pour le bon Dieu et pour le prochain. L’Église, c’est eux. Ce qui me fait penser que l’Église, c’est moi. Tu es moi. Et il n’est pas toujours aisé de s’aimer. Donc cette déclaration d’amour, je me l’adresse aussi.
J’aime également ta diversité unie ou ton unité diverse. Franchement, qui d‘autre que toi pourrait réunir des personnes aux origines sociales et opinions politiques si différentes et opposées sans que cela finisse en bagarre ? Chez toi, c’est-à-dire chez nous, ça termine en amour du prochain, car ça commence en amour divin.
J’apprécie aussi une chose toute bête, dont tu as la spécialité : tu m’accueilles. Comme chacun, j’ai place chez toi. Certains frères ou sœurs me sortent par les trous de nez… comme j’en énerve bon nombre ! Et puis c’est vrai que certains se croient permis d’en rejeter d’autres. Devant cette crise de pharisianisme, je souffre, j’appelle Jésus à l’aide et je le rejoins sur la croix.
Chère Église, tu es ébranlée en ta chair par des actes horribles perpétrés par certains de tes serviteurs. Les mains qui devaient offrir le salut ont servi le diable. Et la vérité qui rend libre a été priée de se taire… un temps. Car voici venu le temps de la vérité ! et depuis Jésus, nous savons que la vérité rend libre ! Te voilà prête. Oh, sans doute pas tous tes membres, mais quelques-uns, quelques hommes de bonne volonté, prêts à suivre le fondateur, le Christ, dans ce tunnel de l’humiliation. Te voilà prête à affronter ce péché, à relever le défi de l’Évangile et ainsi à ouvrir un chemin prophétique de réparation pour les victimes (et les bourreaux, eux-mêmes victimes).
Que j’aime tes prêtres qui, par centaines de milliers, donnent leur vie pour amener Dieu aux hommes et les hommes à Dieu. Oh oui, que j’aime ces frères prêtres, avec leurs défauts, leurs balourdises, et leur don de soi, leur sainteté en pousse. Que j’aime les entourer de bienveillance et d’exigence.
Je souffre avec toi des pasteurs qui ont chuté, ont nié le mal, ne t’ont pas appelée à l’aide, que tu n’as pas su aider. Je ne t’en veux pas. Je veux vivre ce coup dur avec toi. Je veux vivre l’Évangile avec toi. Je ne veux pas te lâcher. C’est ensemble que nous verrons dans ces ténèbres briller la lumière du Christ. Quand un membre de la cordée est en faiblesse, c’est toute la cordée qui peine et l’aide.
Et puis, chère Église, tu vas sortir plus humble de cette épreuve. Et que cela sera bénéfique pour ta mission !
Chère Église, merci.
Merci pour tes sacrements, portes du salut.
Merci pour la liberté que je chéris et que tu transpires, que tu transmets règle après dogme. Merci pour les murs que tu poses à mon orgueil, mon égoïsme et ma dureté de cœur. Liberté des enfants de Dieu.
Merci pour tes homélies ratées, sources de charité. Merci pour tes homélies inspirées, sources de conversion.
Merci pour tes appels à la conversion, à la sainteté.
Merci pour tes enfants, dont je suis. Merci de leur fraternité, amitié, chaleur et soutien, qui me portent. Merci de leur faiblesse, jalousie, tiédeur et mondanité, qui me poussent à l’humilité et à la charité.
Merci de ta lenteur, qui m’apprend la patience. Merci de ta hardiesse, qui me réveille.
Merci de ce Christ que tu me tends à chaque sacrement, à chaque page de l’Évangile, à chaque rencontre avec le pauvre.
Merci de la religion que tu organises pour m’aider dans ma relation à Dieu.
Chère Église,
Mère imparfaite mais aimante,
Épouse fidèle,
Corps dont je fais partie,
Je t’aime. »

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