Mamadou: un parcours fulgurant

Marc et Mamadou ont partagé pendant quelques jours la même chambre d’hôpital.

Un an plus tard, Mamadou, condamné par la médecine des hommes, recevait le baptême avant de rejoindre son Sauveur.

En novembre 2006, pendant une hospitalisation, je partageais la chambre de Mamadou. Durant une dizaine de jours, nous avons pu nous soutenir mutuellement. Le soir, à l’extinction des lumières, nous partagions une prière. Le jour de son départ, Angèle, son épouse, me dit en voyant un missel sur ma table de nuit : « Vous êtes chrétien. J’aimerais rencontrer quelqu’un à qui je puisse poser des questions sur Dieu. » L’ambulance devait arriver d’une minute à l’autre : aborder un thème aussi important en si peu de temps me semblait délicat ! Finalement, l’ambulance tardant à arriver, c’est pendant une heure que questions et réponses ont fusé.

Durant ce dialogue, Mamadou a écouté sans rien dire. Angèle m’a demandé pour finir : « Pourquoi n’avez-vous pas choisi une autre religion ? » Je lui partageai que je m’étais intéressé au bouddhisme mais que, très vite, je m’étais rendu compte que Dieu était absent de cette pensée. Quant à l’islam, je l’avais approché lors de ma coopération en Algérie en 1976. Depuis, je m’étais informé régulièrement sur cette religion afin d’essayer de la comprendre. Je lui expliquai que je n’aurais jamais pu devenir musulman, aucun travail sérieux de vérité n’ayant été entrepris ni sur Mohamed, ni sur le Coran. Mamadou m’a regardé et m’a dit : « Tu as raison, c’est vrai ! » Nous avons tout juste eu le temps, avant qu’ils ne quittent la chambre, d’échanger nos numéros de téléphone. Nous sommes restés en contact.

En octobre 2007, Mamadou m’appelle en me disant : «  Marc, je viens de rencontrer le médecin. Il ne peut plus rien pour moi. Je suis condamné. Je vais entrer en soins palliatifs. » Père de deux enfants, Mamadou m’a partagé son désarroi de devoir les quitter prématurément. Quelques jours plus tard, il m’a contacté de nouveau : « Marc, est-ce que je pourrais recevoir le sacrement des malades ? » « Mamadou, pour le recevoir, il faudrait que tu sois baptisé. Pourquoi ne demanderais-tu pas le baptême ? » «  Tu crois que c’est possible ? » « Bien sûr ! Veux-tu que je m’en occupe ? » «  Oui, je le veux ! »

Mamadou a été catéchisé en trois semaines et, le 2 décembre 2007, il a reçu le baptême, prenant le prénom de Thomas. Il m’a demandé d’être son parrain. Son baptême a été magnifique : Mamadou a affirmé sa foi en Jésus Christ sans détour et avec beaucoup de joie. Dans les mois qui ont suivi, son état s’est amélioré, il a même souhaité reprendre le travail. Il était habité par l’espérance en Dieu, par Jésus Christ.

Puis, le 5 mars 2008, après une rechute, Mamadou a rejoint le Ciel. À son enterrement, il y avait, dans l’assemblée, musulmans et chrétiens. Son cercueil portait ostensiblement la croix de Jésus Christ, son Sauveur.

J’ai vécu cette expérience avec une joie profonde. Je me suis senti comme l’ânon de Jérusalem dont le Seigneur voulut avoir besoin. Alors, n’ayons pas peur d’être témoin, dans l’amour et la vérité.

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