Paroisses. Funérailles: annoncer la vie éternelle!

Quand une personne décède, les questions les plus existentielles refont surface. Les funérailles et leur préparation sont une belle porte d’entrée pour annoncer la Bonne Nouvelle du Salut.

Comme disait un prêtre, « chez nous, la pastorale des funérailles est encore bien vivante ! » Effectivement, les paroisses sont très organisées pour cette mission importante. La célébration des funérailles permet d’annoncer l’Evangile à de très nombreuses personnes qui ne mettent jamais les pieds à l’église et de vivre avec elle un temps de grâce.  

Dans une société qui évacue la mort, par peur et désespérance, l’Eglise a un rôle capital à jouer. La mort d’un proche est une occasion pour chacun de se recentrer sur l’essentiel. Parfois le décès a été violent (accident, suicide, mort d’un enfant en bas âge, d’un jeune). Il peut faire suite à une longue maladie. Les proches peuvent être désemparés. Nous savons que le Christ veut se faire proche des personnes, en pareille situation, pour leur offrir consolation, lumière et espérance.

Accueillir les proches du défunt est la première condition pour une vraie évangélisation. J’aime aller les voir à domicile, connaître l’histoire familiale, entendre leur réaction au décès, les faire parler du défunt, de leur foi en Dieu. Au cours de la célébration, l’accueil des personnes est la première attention.

Faire mémoire de la vie du défunt est un autre aspect de la célébration. En parlant de la réalité de sa vie, rendre grâce à Dieu pour ce qui a été vécu. Lui demander pardon fait aussi partie de la célébration. Les relations entre les personnes sont souvent blessées. Telle personne dans l’assemblée est habitée par un ressentiment vis-à-vis du défunt. Les funérailles sont l’occasion de le remettre à Dieu, particulier lors de la prière du Notre Père : « pardonne-nous comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés ».

Ensemble nous écouterons la Parole de Dieu. Les textes proposés par le rituel sont très évocateurs. Ils annoncent le Christ mort et ressuscité, source de notre espérance. L’homélie doit être centrée non seulement sur le défunt, mais sur le mystère pascal en Jésus et sur la vie éternelle. C’est une occasion unique pour parler du Ciel et du sens de toute vie. Et nous célébrons ce mystère avec les signes proposés par la liturgie : le cierge pascal (signe du Christ ressuscité) auquel on peut allumer d’autres cierges, l’eau bénite (rappel du baptême) avec lequel est aspergé le cercueil, la célébration de la messe, si possible.

Et n’oublions pas que nous prions aussi pour le salut de l’âme du défunt ! C’est un des buts essentiels de la célébration. 

Les équipes de laïcs sont très utiles pour visiter les familles, préparer la célébration et représenter la communauté chrétienne. S’il n’y a pas de prêtre ou de diacre disponible, la célébration peut être conduite par un laïc dûment formé et mandaté par l’évêque du diocèse.

Petits conseils pratiques

Mots des proches : certains sont heureux de pouvoir exprimer un remerciement, un souvenir. Il est préférable de placer ces interventions en ouverture de la célébration plutôt que lors du dernier Adieu, à la fin. Trois raisons : les intervenants ne seront pas stressés durant toute la célébration, la célébration prendra en compte la réalité du vécu, le dernier Adieu ne sera pas un moment nostalgique mais ouvert à la vie éternelle en Christ.

Musique : une célébration sans musique, c’est mortel ! les pièces d’orgue de Bach sont à conseiller. Eviter les chants profanes, à garder pour un temps en dehors de la célébration religieuse.

Le signe de la lumière : les gens y sont généralement sensibles. On peut faire apporter une bougie aux enfants et petits-enfants : les allumer au cierge pascal et les mettre à proximité du cercueil, en signe d’espérance.

Parole de Dieu : donner aux proches un livret pour qu’ils lisent les textes de la Parole de Dieu proposé et choisissent. En aucun cas ne mettre de texte profane au milieu de la liturgie. Les réserver pour le temps initial, avant l’ouverture proprement liturgique.

Messe : quand une messe ne peut pas être célébrée durant les funérailles, il est nécessaire d’en prévoir une. L’Eglise le demande. Elle peut être l’occasion d’inviter la famille à une messe dominicale, par exemple 40 jours après le décès.

Au cimetière : inviter l’assemblée à entrer dans l’espérance en la résurrection des corps, en disant le Symbole de la foi et en bénissant à nouveau le corps, pour montrer que nous lui attachons de l’importance, dans la lumière de l’Incarnation et de la Résurrection.

Et après ? Souvent les proches sont touchés par la célébration. Si possible, il est bon d’aller les revoir ensuite. L’année suivante, on peut leur proposer une messe anniversaire ou la participation spéciale à la messe de la Toussaint.

PÈRE ERIC JACQUINET

Eric Jacquinet est un prêtre du diocèse de Lyon, membre de la Communauté de l’Emmanuel, curé de la paroisse du Sacré Cœur à Bordeaux.
Il a cosigné Frappez et l’on vous ouvrira (Editions de l’Emmanuel, 2011)
Son blog:  http://eric.jacquinet.over-blog.com/

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