David Hockley: Une étrange attirance

David a été élevé dans la foi protestante. Jusqu’au jour où, mystérieusement, il s’est senti attiré par la messe catholique. Le début d’un chemin surprenant pour lui.

Quand j’étais enfant, mes parents travaillaient pour Jeunesse en mission, une organisation composée de protestants et de catholiques, qui proposait des sessions d’évangélisation. Lors d’une de ces sessions, je me suis lié d’amitié avec des Polonais et des Irlandais, catholiques. Pendant un temps de prière, j’ai eu le sentiment que Dieu me posait cette question : « Et si je te demandais de quitter ton identité protestante et de devenir catholique ? » J’ai pensé alors qu’il s’agissait d’une sorte de test comme lorsque, dans la Bible, Dieu demande à Abraham de sacrifier son propre fils : jamais Dieu ne me laisserait aller au bout de cette démarche ! Il voulait mesurer ma foi et mon obéissance. J’ai pris cette interpellation au sérieux et me suis accordé trois jours pour prier et peser ma décision. Le troisième jour, j’ai assisté à une messe avec mes amis catholiques. L’un d’eux m’a demandé de ne pas communier. Les catholiques croient en effet que le pain et le vin, à la messe, deviennent corps et sang de Jésus, ce qui n’était pas mon cas. Je me suis donc abstenu, mais j’ai répondu intérieurement : « Oui, Seigneur, que ta volonté soit faite dans ma vie. »

JE N’Y CROYAIS PAS

J’ai commencé à m’interroger sur le « repas du Seigneur », « eucharistie » pour les catholiques, « sainte cène » pour les protestants. Ma démarche ne consista pas à rejeter mon protestantisme mais à l’approfondir. Je me suis plongé dans la Bible, tentant de saisir ce que recouvrait le mystère contenu dans ces paroles de Jésus : « Ceci est mon corps, ceci est mon sang. » J’étais disposé à y croire mais je n’y croyais pas. D’un côté j’avais ce que me disait la Bible, de l’autre, j’avais mon vécu protestant, les vingt ans pendant lesquels j’avais vu Dieu à l’œuvre, puissamment, dans ma vie et dans celle des autres. Je me trouvais face à un dilemme dont je ne voyais pas l’issue.

J’ai décidé une nouvelle fois d’aller à la messe, demandant à Dieu de me montrer s’il était présent ou non dans le pain et le vin. J’ai assisté à la célébration sans savoir faire un signe de croix ni rien connaître du déroulement de l’office. Le prêtre parlait et l’assemblée répondait tandis que moi, j’ignorais ce qu’il fallait faire et dire. J’ai suivi cette messe tant bien que mal. Le moment de la communion est arrivé. Pouvais-je communier ? Si je ne croyais pas vraiment à la présence du Christ dans le pain et le vin, il s’agirait d’un manque de respect. Mais si je ne croyais pas, j’étais cependant disposé à y croire. Je me suis donc avancé pour communier, en exprimant explicitement la prière qui m’habitait : « Seigneur, montre-moi si tu es présent dans ce pain et ce vin. » La file progressait lentement. J’essayais de suivre les gestes et les paroles de ceux qui me précédaient pour savoir comment recevoir le pain eucharistique. Enfin, le prêtre m’a présenté l’hostie en disant : « Le corps du Christ. » J’ai hoché la tête, en signe d’approbation, pris l’hostie et l’ai consommée.

UN BOULEVERSEMENT PROFOND

À cet instant précis, une profonde conviction m’a envahi. J’ai cru que Jésus était réellement présent dans l’eucharistie. Cela a été un bouleversement profond en moi. Mon univers s’est effrité. Dieu m’avait parlé. Je me trouvais dans un état intérieur étrange, à la fois désorienté et confiant. Une porte s’était ouverte devant moi. Le pays de la foi dans lequel j’avais pourtant séjourné longuement m’est apparu comme une contrée nouvelle et surprenante. Ma conviction grandissante – que l’Église catholique avait raison de croire à la « présence réelle » du Christ dans le pain et le vin consacrés – a été le point de départ d’un voyage rempli d’incertitudes, constellé de découvertes inattendues. J’ai poursuivi ma quête en m’interrogeant sur la place de la Bible jusqu’à saisir l’importance d’une autorité infaillible extérieure pour l’interpréter avec justesse. Et cette autorité, ce pilier de la vérité, c’était l’Église. Enfin, j’étais « chez moi » !

[Témoignage pour Ilestvivant paru dans L’1visible de novembre 2013]
A lire


La Parole s’est faite chair
, éditions de l’Oeuvre, 2013

Récit de conversion autant que d’approfondissement spirituel, La parole s’est faite chair est un témoignage précieux de l’interaction entre l’intelligence et le cœur, qui impressionne surtout par la profondeur de sa vision de la foi, par son approche intime des dogmes et des enseignements de l’Église.

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