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Philippines: les rencontres surprises du pape François

PapeManille

Au cours du grand rassemblement à l’université Saint Thomas de Manille, ce dimanche matin 18 Janvier, devant des centaines de milliers de jeunes, le Saint Père a écouté avec émotion les témoignages de Jun Chura, 14 ans, et Glyzelle Iris, 12 ans, enfants des rues recueillis par la fondation ANAK-Tnk après avoir connu l’enfer des trottoirs de Manille.

Voici ci-dessous le témoignage de Jun Chura.

Par ailleurs, le Pape a rendu une visite surprise à la fondation (photo)

« Très Saint Père,

Mon nom est Jun Chura, j’ai 14 ans et je suis un ancien enfant de la rue.

Puisque ma famille n’était plus en mesure de m’envoyer à l’école, j’ai quitté ma maison et ma famille. Puis je me nourrissais avec ce que je pouvais trouver dans les poubelles. Je ne savais pas où aller et je dormais sur les trottoirs. Je cherchais un morceau de carton pour m’en faire une paillasse. Puis j’essayais de tenir bon même si j’étais très sale comme mes compagnons de rue. Eux aussi essayaient de tenir bon, même s’ils étaient sales.

 

Je ne savais pas comment trouver de quoi manger tous les jours, du coup j’attendais que les gens aient fini de manger dans les restaurants, puis je leur demandais leurs restes. Parfois je marchais au hasard pour trouver du matériel cassé que je pourrais vendre : je cherchais des bouteilles en plastiques ou des morceaux de papiers, et quand mon sac était plein, je le vendais pour avoir un peu d’argent pour acheter de la nourriture. Il m’est aussi arrivé de frapper aux portes du voisinage pour mendier de la nourriture mais la plupart du temps, ils n’avaient rien à me donner.

 

Quand j’étais dans la rue, j’ai aussi été témoin de choses que je n’aime pas, de choses terribles qui arrivaient à mes compagnons de rue : j’ai vu qu’on leur apprenait à voler, à tuer aussi, et ils n’avaient plus aucun respect pour les adultes. Parfois ils se disputaient à cause des choses qu’ils avaient volées. J’ai des enfants à qui on apprenait à utiliser de la drogue, comme le shabu, la cigarette ou la marijuana.

 

J’ai vu certains de mes compagnons respirer du solvant ou de la colle. Ce sont des drogues aussi. C’est ce que j’ai vu le plus souvent arriver à mes compagnons dehors. Quand j’étais dans la rue, je faisais aussi très attention car certains de mes amis ont été trompés par des adultes. Ils prétendaient nous donner de l’argent pour attirer notre attention et approcher les enfants et leur faire croire qu’ils allaient leur donner quelque chose à manger ou la possibilité d’aller à l’école, mais leur vrai but était différent et ils nous

utilisaient pour nettoyer leur maison et parfois même ils avaient des objectifs malicieux comme les abus sexuels. Il y a tellement d’abus qui se passent dans la rue!

 

Après quelques jours, j’ai soudainement retrouvé l’espoir lorsqu’un éducateur de la fondation «Tulay ng kabataan» (ANAK-tnk) m’a demandé si je voulais rejoindre cette association qui aide les enfants de la rue. Il m’a demandé si je voulais venir, mais au début j’ai refusé. Puis après quelques jours, quand j’ai appris que «Tulay ng Kabataan» (ANAK-tnk) s’occupait vraiment des enfants des rues qui ne sont plus avec leurs familles, j’ai compris qu’il existait des gens avec un cœur! Il existe des gens avec un cœur prêt à aider les enfants en détresse.

 

 

Quand j’ai rejoins «Tulay ng kabataan» (ANAK-tnk), j’ai été surpris de voir qu’il y avait des gens vraiment désireux d’aider et j’ai recommencé à rêver. Je me suis dit que quand je terminerai mes études, à mon tour je serai celui qui aide les enfants des rues comme moi.

Je pourrai aussi alors aider ma famille et la fondation «Tulay ng Kabataan» (ANAK-tnk) puisqu’ils ont été ceux qui m’ont aidé à continuer mes études.

 

Je sais aujourd’hui que je vais pouvoir continuer mes études puisque «Tulay ng kabataan» (ANAK-tnk) est à mes côtés et qu’ils ne s’arrêtent pas de m’aider moi, ainsi que tous mes compagnons de la rue.

 

Un immense merci.

Le Pape François a ANAK

 

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