Spécial Synode de la famille 2014: la chronique du père Cédric Burgun

CedrciBurgun

« Prendre soin des familles » : une conversion!

Le père Cédric Burgun, du diocèse de Metz, est prêtre de la Communauté de l’Emmanuel. Enseignant en droit canonique à l’Institut catholique de Paris, il est également juge ecclésiastique. Avec Bénédicte Lucereau, conseillère conjugale, il a écrit Et si on se mariait? (éditions de l’Emmanuel). Le père Cédric Burgun publiera régulièrement une chronique du père Burgun au cours du synode qui s’est ouvert dimanche 5 octobre à Rome.
« Le pape François a ouvert le Synode dimanche 5 octobre après une veillée de prière magnifique la veille au soir sur la Place Saint-Pierre. Ce synode a des enjeux majeurs nous le savons, dont le premier est de redécouvrir la beauté du message de l’Église. Et dans son homélie (disponible aussi : http://www.aleteia.org/fr/religion/article/pape-francois-le-seigneur-nous-demande-de-prendre-soin-de-la-famille-5822227106758656), retenons cet appel clair du Pape : « prenons soin des familles » ! La famille est ce rêve de Dieu dont nous devons prendre soin, nous dit-il : « Le “rêve” de Dieu c’est son peuple : il l’a planté et le cultive avec un amour patient et fidèle, pour qu’il devienne un peuple saint, un peuple qui porte beaucoup de fruits de justice. »
« L’Évangile de la famille », selon les mots du Cardinal Kasper, n’est pas d’abord le monopole des chrétiens et il doit être proposé à tous les hommes de bonne volonté ! L’Église porte en elle un message universel magnifique : en avons-nous suffisamment conscience ? S’il est vrai qu’aujourd’hui, les cartes semblent quelque peu brouillées, et que cette réalité « naturelle » du mariage semble incomprise par beaucoup, l’Église est appelée à proclamer haut et fort cette réalité. Ainsi, le pape François le reconnaît : « Les Assemblées synodales ne servent pas à discuter d’idées belles et originales, ou à voir qui est le plus intelligent… Elles servent à cultiver et à mieux garder la vigne du Seigneur, pour coopérer à son “rêve”, à son projet d’amour sur son peuple. Dans ce cas, le Seigneur nous demande de prendre soin de la famille, qui depuis les origines est partie intégrante de son dessein d’amour pour l’humanité. »
Le mariage sacramentel demeure fondé sur cette réalité anthropologique et naturelle qu’est le mariage entre un homme et une femme : il ne s’agit pas de voir le mariage sacramentel comme un lieu magique qui protégerait le mariage naturel et assurerait sa réussite affective et effective ! Il s’agit surtout de le voir comme un acte de salut de Dieu venant fortifier notre nature humaine, fortifier notre volonté humaine, en venant la sanctifier et en faire un lieu de rayonnement de Sa présence en ce monde. En cela, le mariage sacramentel est une véritable vocation, un appel de Dieu auquel on choisit librement de répondre. Comment l’Église peut-elle aujourd’hui encore poser un acte de salut envers le mariage et la famille, pour en prendre soin ?
Dans l’ordre de la création, il est un point fondamental qui relève notre dignité d’homme : notre capacité de prendre des décisions qui nous engagent. Et les célèbres paroles de Jésus sur le divorce sont un passage clef, selon le Cardinal Kasper : « Jésus fait dériver la répudiation de la dureté du cœur qui se ferme à Dieu et au prochain (…). La bonne nouvelle de Jésus, c’est que l’alliance étroite entre les époux est embrassée et soutenue par l’alliance de Dieu, qui, par la fidélité de Dieu, continue à subsister quand le lien fragile de l’amour devient plus faible ou même meurt ». Si le Pape a interpellé aussi vivement l’Église hier – et pas les évêques -, c’est bien parce que l’évangile de la famille est un lieu tout aussi radical pour vivre de la sainteté que Jésus nous propose ! Que nos familles de découlent pas de la « dureté de notre cœur », mais bien de l’accueil du Christ et de sa joie ! »

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